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Street Fighter 3 - Third Strike

Section Test.


Street Fighter III : 3rd Strike
29/06/2000
Edité par Capcom
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Street Fighter III : 3rd Strike
04/10/2000
Edité par Capcom
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Street Fighter III : 3rd Strike
15/12/2000
Edité par Virgin Interactive
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Console: Sega Dreamcast
Genre:Combat
Développeur: Capcom
Joueurs: 1 à 2
Existe aussi sur: Microsoft X-Box- Sony Playstation 2-

Photo de la boite de Street Fighter 3 - Third Strike
Street Fighter 3 - Third Strike, capture d'écran Street Fighter 3 - Third Strike, capture d'écran Street Fighter 3 - Third Strike, capture d'écran
Véritable poule aux œufs d’or pour Capcom, la saga des Street Fighter est considérée par une majorité des joueurs comme la plus culte au monde, bien devant les Tekken. La raison de ce succès ? Elles sont probablement nombreuses mais la plus déterminante d’entre elles est sans aucun doute la capacité de l’éditeur à proposer une nouvelle génération de jeux au moment opportun. En effet, c’est en sentant ses Street Fighter 2 s’essouffler que cette géniale firme nous sortit le splendide Street Fighter Alpha. Après trois volets produits en ce sens, conscients de ne pouvoir continuer sur cette voie sans perdre en qualité tant le troisième épisode frisait la perfection, Capcom débuta la troisième génération de cette série culte parmi les plus cultes en sortant Street Fighter III : New Generation. Nous nous intéresseront ici au troisième opus de cette trilogie, véritable renouveau du genre contribuant à rendre la saga des Street Fighter plus aimée encore, particulièrement au sein des possesseurs de la Dreamcast.

Scénario (-)

Véritable rupture avec les opus précédent, Street Fighter III : New Generation avait effectué un grand nettoyage au sein des personnages en ne conservant que les deux indétrônables Ryu et Ken dans son casting. Il faut dire que, cet épisode se déroulant chronologiquement dix ans après celui sorti sur Super Nintendo, on comprendra aisément que certains protagonistes aient été las de se battre et aient pris leur retraite. Ici, les fans de la première heure apprécieront le retour de Chun Li et de Gouki (Akuma), portant le nombre de personnages phares de la série à…quatre. Scandale ! crieront les adeptes de Street Fighter II. Mais en y réfléchissant un peu, on se dit que tout renouveau d’une série entraîne des pertes et cet épuration du panel de personnages était probablement nécessaire pour ne pas donner au joueur l’impression de jouer « encore à un Street Fighter de plus ». Rassurez vous cependant, car les nouveaux arrivants au nombre de quinze seront pour la plupart hauts en couleur et ne seront pas sans rappeler certains protagonistes évincés. Nous auront ainsi entre autres Dudley (sorte de Balrog gentleman), Yang (dont le style de combat vous fera énormément penser à un certain Fei Long), Sean (jeune brésilien et véritable émule de Ken), ou encore Remy (un français, une première dans la série !) qui possédera à peu près les mêmes coups que Nash (Charlie en Europe) et Guile. La relève est donc assurée avec brio par ces nouveaux personnages au style assez réussi pour la plupart, puisqu’empruntant énormément à Street Fighter II.

Gameplay (19/20)

Et cette influence se ressentira énormément dans le gameplay puisque quelques éléments ont été conservés, à commencer par les coups des différents personnages. En effet, si les personnages seront inédits, il n’en sera pas de même pour leurs techniques directement empruntées à leurs alter egos de la génération précédente. Ce sympathique clin d‘œil s’accompagnera des traditionnels six boutons d’action vous permettant de doser vos coups, en choisissant au mieux le rapport rapidité/puissance en fonction de la situation à laquelle vous serez confronté. Enfin, si vous aurez toujours la possibilité d’étourdir votre adversaire en le rouant de coups comme dans SF2, cette possibilité sera ici modélisée par une jauge présente juste en dessous de votre barre de vie. Mais les similitudes s’arrêteront là puisque SF3TS regorgera de nouveautés en tous genres que je vais tenter de vous exposer dans les lignes qui suivent. Pour commencer, les coups spéciaux seront ici beaucoup plus soumis aux notons de distances et de timing. Ainsi, effectuer vos techniques en ne tenant pas compte de l’éloignement et de la position de votre adversaire aura immanquablement pour effet de vous faire gâcher votre énergie pour rien. A l’inverse, si vous attendez votre heure et exploitez la faille au moment opportun, vous pourrez alors enchainer les combos et les hits à une vitesse vertigineuse ne laissant aucun répit à votre adversaire qui se noiera littéralement sous cette pluie de coups. Les enchainements ont d’ailleurs tous été sciemment pensés pour être effectués dans un ordre logique respectant scrupuleusement cette notion de timing millimétré. Le constat sera identique pour les projections, puisque vous devrez vous trouver exactement au bon endroit sous peine de manquer lamentablement votre coup et de vous retrouver à la merci de votre adversaire.

Les furies seront également toujours de la partie mais bénéficieront d’une gestion toute nouvelle. Ainsi, vous n’en aurez plus qu’une à votre disposition durant le combat et devrez la sélectionner parmi les trois disponibles avant chaque affrontement. Chaque furie sera particulière (attaque de corps à corps ou à distance) et vous devrez donc la choisir en fonction de votre manière de jouer (en vous posant la question de savoir si vous êtes plutôt du genre à attaquer votre adversaire ou à garder vos distances). En outre, certaines attaques seront plus gourmandes en énergie que d’autres et vous devrez donc vous poser la question de savoir si vous êtes plutôt du genre à les lancer à la chaine, ou bien à attendre votre heure en emmagasinant patiemment de l’énergie pour ensuite tout envoyer d’un coup, puisque certaines de ces attaques seront très lentes à préparer du fait de la quantité faramineuse d’énergie qu’elles demanderont. Enfin, certaines d’entre elles nécessiteront un temps de charge durant lequel vous devrez garder la touche d’action appuyée. Vous pourrez ainsi adapter la puissance de votre coup à la situation (attention toutefois à ne pas être trop gourmand car encaisser un coup durant ce temps de charge aura pour effet de vous faire perdre votre jauge de furies). La difficulté lorsque vous opterez pour une nouvelle furie sera d’adapter votre style de jeu et vos enchainements puisque ceux qui vous utiliserez avec l’une d’entre elles seront bien souvent infaisables avec une autre. Les coups spéciaux seront également enrichis d’une nouvelle possibilité, puisque la plupart d’entre eux seront effectuables en version EX. Vous pourrez ainsi déclencher ces techniques spéciales dans une version plus puissante par l’appui sur deux touches simultanément (en plus de la manipulation de base), pour peu que votre jauge de furie clignote. Outre leur puissance accrue, ces super coups spéciaux vous permettront d’effectuer des enchainements plus longs et dévastateurs, en envoyant par exemple l’adversaire rebondir au lieu de le faire tomber directement. Attention toutefois car ces coups consommeront de l’énergie et vos devrez, en cas d’utilisation, remettre le lancer de votre furie à plus tard.

Autre nouveauté, le système de contres diablement efficace sera ici une composante non négligeable du gameplay. En effet, ce tout nouveau système baptisé Parry vous permettra via une rapide manipulation d’interrompre n’importe quelle attaque de l’adversaire (allant du simple coup à la furie) qui sera alors sans défense, à la merci de vos enchainements les plus dévastateurs. Une fois maitrisée, cette possibilité fera de vous un combattant redoutable mais rater l’exécution d’un Parry pourra vous couter très cher en termes de points de vie, du fait de l’impossibilité de rattraper votre erreur. Vous aurez en outre tout un panel de mouvements spéciaux qui vous permettront d’être plus efficace dans vos parades et vos déplacements comme la possibilité de foncer rapidement sur votre adversaire par exemple. Signalons enfin que de nombreuses imprécisions présentes sur la borne d’arcade ont ici été totalement corrigées pour offrir au joueur une maniabilité sans faille répondant aux moindres impulsions de la manette Dreamcast, manette dont la croix directionnelle s’avérera particulièrement agréable et précise dans l’exécution des coups spéciaux. Enfin, de nombreux réglages notamment sur la vitesse des coups spéciaux vous permettront d’adapter le jeu à vos envies, en faisant ainsi une référence qui ne pourra que plaire à tout le monde compte tenu du haut niveau de personnalisation qu’il proposera (plus de dix pages de réglages !). Je m’insurge donc devant les dires de certains testeurs clamant à qui veut l’entendre que le gameplay n’a pas évolué d’un iota depuis la série des Alpha, puisqu’il a sans conteste grandement gagné en technicité rendant les affrontements tout simplement jouissifs, à fortiori contre un joueur expérimenté.

Réalisation (20/20)

Et la révolution ne s’arrête pas là, puisque le titre a subi une refonte graphique faisant honneur à la 128 bits de Sega. Ainsi, vous aurez droit à d’énormes sprites d’une grande qualité visuelle, placés dans de somptueux décors animés regorgeant de détails et de couleurs chatoyantes. Le souci du détail sera flagrant puisque vous verrez même les plis de vos vêtements bouger au gré de vos mouvements. Mais là ou l’exploit sera le plus admirable, ce sera sans conteste dans l’animation. Elle fera en effet preuve d’un réalisme des plus bluffants, en proposant des mouvements décomposés à la perfection via d’innombrables étapes tant et si bien que vous en viendrez à vous demander si vous n’êtes pas en train de regarder un anime sur votre téléviseur. Chaque mouvement, chaque furie, et même les personnages immobiles seront un véritable ravissement pour vos yeux ébahis et force est de constater que ce jeu parviendra même à convertir n’importe quel adepte des Tekken ou autres Soul Calibur aux plaisirs de la baston 2D. Autant vous dire que dans ces conditions, vous prendrez un plaisir sans cesse renouvelé à admirer le style de combat de chaque personnage, allant de la Boxe à la Capoeira, en passant par le désormais célèbre Hado.

On notera également des animations au début des combats qui changeront selon les deux adversaires en présence. Ainsi, un affrontement entre Ryu et Ken débutera immanquablement par une poignée de main entre les deux amis d’enfance (voire même accompagnée d’un court dialogue), déclenchant en vous un élan de nostalgie en repensant au passé commun fort chargé de nos deux compères et à leurs innombrables batailles menées côte à côte contre un certain Mr Bison. Enfin, l’aspect humoristique n’a en aucun cas été oublié puisque vous aurez droit à chaque coup porté à des animations faciales criantes de vérité, qui seront pour certaines hautement hilarantes vous poussant ainsi à enchainer les mandales en pleine poire juste pour le plaisir. Mais je vous sens inquiet, puisqu’il y a toujours un prix à payer pour une telle magnificence visuelle… Mais rassurez vous, Street Fighter 3 : Third Strike se trouve être l’exception qui confirme la règle puisque la fluidité sera tout à fait remarquable, de même que la vitesse du jeu qui, sans atteindre la rapidité d’un Street Fighter 2 Turbo, sera amplement suffisante en termes de dynamisme. J’ai beau chercher, je ne parviens à trouver aucun point faible à ce nouveau volet techniquement parlant. Le ravissement visuel est total et ne sera en aucun cas entaché par une animation simpliste ou autre bug d’affichage. Street Fighter III est en état de grâce…

Bande son (18/20)

Et ce constat se prolonge avec la bande son, tout simplement splendide. Les voix des personnages, magnifiques lors des combats, ont énormément gagné en qualité et profitent sans nul doute du grand espace de stockage du GD-Rom. On remarquera avec émerveillement les voix des personnages récurrents plus matures, justifiées par le bond de dix ans depuis Street Fighter 2. Côté bruitages, si l’on pouvait parfois reprocher la simplicité de ceux des épisodes précédents, ce défaut minime a ici été entièrement corrigé puisque ces différents effets sonores seront parfaitement dosés et rythmeront à merveille les combats. Enfin, les musiques seront dans la grande lignée de la saga, avec des thèmes parfaitement adaptés à chaque personnage et à chaque environnement et dont certains seront probablement amenés à devenir mythiques par la suite puisqu’ils resteront irrémédiablement gravés dans votre mémoire auditive. Certains anti-rap pourront cependant être déçus par celles des menus mais ce serait faire preuve de mauvaise foi que de s’arrêter à ce détail. Bande son splendide donc, dans la grande tradition des autres épisodes de la série.

Durée de vie (15/20)

Dans ces conditions, vous comprendrez bien que le plaisir de jeu restera intact au fil des heures et que le soft disposera d’un potentiel de rejouabilité illimité, tout particulièrement en mode deux joueurs. En solo, vous aurez fort à faire pour atteindre enfin le boss final, puisqu’à partir du sixième stage, vous devrez faire preuve d’une grande maitrise du gameplay pour continuer à avancer, compte tenu de la grande difficulté du titre. En effet, affronter des personnages comme Akuma vous promet de mythiques et âpres combats et mettra vos nerfs à rude épreuve. A noter que vous aurez la possibilité avant chaque combat de choisir votre adversaire parmi deux disponibles, rendant ainsi la progression moins monotone et plus interactive.

On notera également la présence de quelques stages bonus dont certains seront directement issus de Street Fighter II, comme l’indétrônable destruction de voiture ou d’autres inédits comme la partie de volley ball contre Sean. En outre, une note vous sera octroyée à la fin de chaque affrontement en fonction de vos performances et l’amélioration de cette note sera une motivation supplémentaire pour rester scotché à votre écran de télévision. Enfin, la vingtaine de personnages sera un bon moyen de rallonger la durée de vie, puisque maitriser parfaitement chacun d’entre eux vous prendra un temps considérable du fait de la variété de leurs techniques. On aurait tout de même apprécié que Capcom ne mise pas uniquement sur cette rejouabilité et nous offre quelques modes de jeu supplémentaires, puisque vous n’aurez ici que les classiques modes arcade/versus et training. On sera donc bien loin de la richesse d’un Street Fighter Zero 3 en termes de modes de jeu. Dommage… Mais ce petit bémol sera aisément pardonnable, lorsque l’on réalisera qu’il est le seul et unique point faible de ce fantastique jeu.

Conclusion (19/20)

Il était difficile de sortir une suite digne de Street Fighter Zero 3, mais Capcom a brillamment relevé le défi puisque Street Fighter III : Third Strike constitue sans conteste un splendide renouveau dans la série. Alliant une réalisation technique de haut vol à un gameplay remarquablement technique, il ne pourra que ravir les fans de fighting games qui ne resteront pas insensibles à son charme. Ce titre est un véritable must faisant honneur à ses ainés et qui fera taire tous les détracteurs de Capcom qui abandonne ici sa politique de faire du neuf avec du vieux pour nous offrir un soft que tous les heureux propriétaires d’une Dreamcast, d’une X-Box ou d’une PS2 se doivent de posséder.


Article publié le 05/08/2008 Jeu testé par Manuwaza